La machine à laver française

Fiches techniques

 

Cette rubrique est consacrée à certaines machines figurant dans la galerie (rubrique LES MACHINES EN PHOTOS) et a pour objectif, d´une part, de permettre une comparaison globale grâce à l´utilisation de critères communs et, d´autre part, de souligner des caractéristiques importantes sur un plan historique. Les informations, lorsqu´elles sont données sans réserve spécifique, ont été vérifiées à partir des machines elles-mêmes et de la littérature d´époque si elle a pu être consultée. La comparaison en fonction du pouvoir d´achat est donnée à partir des tablesdu pouvoir d´achat de l´euro et du franc publiées par l´INSEE et disponibles sur son site officiel. Le critère "catégorie" sera prochainement explicité et correspond, globalement, au degré d´autonomie de l´appareil.

LINCOLN - LUXE - 1953

Année: 1953 

Catégorie: Machine semi automatique dirigée (contrôles visuels et succession manuelle des opérations). 

Dimensions (HxLxP): 90cmx71cmx60cm

Stabilisation: Sans scellement, cuve flottante, socle lourd, absence de roulettes

Capacité: 6 kg

Remplissage: Contrôle par niveau visuel (tige reliée à un flotteur). Double arrivée (eau froide et eau chaude) commandée par une manette à l´avant de la machine

Chauffage: électrique (ou tous gaz), avec thermomètre relié à la cuve (contrôle visuel)

Lavage: tambour sur axe horizontal

Vidange: Par gravité

Essorage: Centrifuge (300 tr/min environ)

Commandes: Une manette d´admission d´eau (arrêt, chaude ou froide), Une manette de mouvement (arrêt, barbottage, essorage), Une manette de chauffage, une poignée ouvrant et fermant la vidange.

Signalisation: témoin lumineux de chauffage, niveau d´eau, thermomètre

Boîte à produit: sans 

Prix: 192 500 F (version électrique), soit 1 915 heures d´un ouvrier payé au smig à cette époque, soit un pouvoir d´achat de 3 850 euros d´aujourd´hui.

A titre de comparaison, une machine à laver aujourd´hui vaut en moyenne 600 euros, soit 68 heures d´un ouvrier payé au smic d´aujourd´hui.

Observations:

Lincoln, dès sa création, s´est spécialisée dans la machine à laver à tambour sur axe horizontal, avec sa première machine Luxe, très proche du modèle ici présent. La nouvelle génération comprenant un couvercle plus facilement maniable, et une soupape au niveau de la cuve car sur les premiers modèles, lorsque le couvercle était enlevé et remis alors que l´eau était tèrs chaude, il pouvait être aspiré par une phénomène de dépression!

Cette machine était dès l´origine déjà très avant gardiste, au-delà même de son esthétisme:

- double arrivée d´eau chaude ou froide;

- absence de scellement;

- rinçage en eau courante possible;

- ébullition également possible;

- accélération progressive du tambour à l´essorage, limitant les vibrations;

- cuve partiellement désolidarisée dite "flottante".

Dès le départ, la publicité communiquait sur une lessive laissant les mains sèches: "Bout - lave - rince - essore sans aucune manipulation d´eau ni de linge" et sur le soin apporté au linge grâce à son "cerveau berceur qui inverse continuellement le sens de rotation du panier à linge, le linge se noue pas. L´absence d enoeuds fait qu´il ne reste pas de traînées de crasses ni d eparties non lavées".

La LUXE était encore commercialisée en 1960 et avait deux petites soeurs: la "cadette", de 4 kg, et une seule arrivée d´eau et la "starlette", de 3,5 kg avec une commande de mouvement au pied/ 

Publicités issues de la revue arts menagers de 1950 (1ère génération) et de 1953 (2ème génération)

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LADEN - MESSINE SUPER - 1965

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Année: 1965 

Catégorie: Machine principalement automatique (lavage et 5 rinçages). Le prélavage se fait à part et à froid. Mise en marche et arrêt de l´essorage manuels.

Dimensions (HxLxP): 85cmx62cmx52cm

Stabilisation: Sans scellement, cuve fixe mais non solidaire de la carosserie, 4 roulettes, oscillations latérales pendant l´essorage

Capacité: 4 kg

Remplissage: Par électrovanne 1 voies, 2 niveaux: 1 de lavage et 1 de sécurité (le remplissage des rinçages est chronométrique)

Chauffage: électrique (ou tous gaz), contrôlé par thermostat réglable de froid à 100°

Lavage: tambour sur axe horizontal

Vidange: Par pompe indépendante 

Essorage: Centrifuge (300 tr/min environ)

Commandes: un bouton programmateur réglant la succession des opérations et la durée du lavage; Un thermostat réglable et un sélecteur permettant el lavage normal, le lavage avec stop javel, la vidange à tous moments et l´essorage

Signalisation: aucun témoin lumineux.

Boîte à produit: sans mais un orifice pour l´introduction de l´eau de javel sans contact direct avec le linge

Prix: 2 000 Francs (version électrique), soit 995 heures d´un ouvrier payé au smig à cette époque, soit un pouvoir d´achat de 2 452 euros d´aujourd´hui.

A titre de comparaison, une machine à laver aujourd´hui vaut en moyenne 600 euros, soit 68 heures d´un ouvrier payé au smic d´aujourd´hui.

Observations:

Laden a été l´un des pioniers des premières machines à laver dites automatiques, notamment en 1962 avec une version top, la BABETTE SUPER, issue de la semi-automatique BABETTE, et une frotnale la MESSINE SUPER issue de la MESSINE semi-automatique.

Sur la première version, sortie en 1962, la programmation est simple: un thermostat jusque´à 100°, un programmateur permettant le prélavage à froid (en fait un simple mouillage du linge pendant 6 minutes), puis, après ajout de la lessive, la durée du lavage (blanc, couleur ou nylon). Il n´y a qu´une cadence de lavage (15 secondes de brassage pour 5 secondes de pause). Un poussoir permet d´activer le signale sonore qui se déclenche au 2nd rinçage et le sélecteur permettait la mise en route, la vidange et l´essorage manuel en find de cycle, non inclu dans le programme pour imposer la présence de l´utilisateur qui pouvait stopper l´opération et démêler le linge en cas de trop fort balourd.

La seconde version, celle de la galerie, est sortie en 1965. Elle est un peu plus évoluée, mais ce sera la dernière de cette concpetion. Elle ne dispose toujours que d´une une seule cadence, l´essorage reste une opération à effectuer à part et la lessive doit être placée dans le tambour. Elle dispose cependant désormais d´un refroidissement du bain de lavage avant les rinçages et l´option javel est sur ce modèle un stop javel, alors que sur la première version, seul un signal sonore avertissait du moment opportun.

A cette époque, LADEN est rachetée par PHILPS qui prendra 3 ans pour concervoir le premier modèle original de sa marque, de conception totalement nouvelle, l´Inclimatic en 1968, qui fait l´objet d´une fiche technique plus bas. La Messine Super aura donc été la dernière machine de conception LADEN, et mériait, elle aussi, à ce seul titre, une fiche technique!

Publicité Issue d´une revue SELECTION de 1965 
 
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Bonus: document technique présentant la Messine Super 1ère version

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BRANDT - STATOMATIC 57 - 1965

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Année: 1965 

Catégorie: Machine entièrement automatique

Dimensions (HxLxP): 81cmx57cmx60cm

Stabilisation: Sans scellement, cuve fixe, 2 lestages en fonte de chaque côté de la cuve au-dessus des paliers, roulette excentrée

Capacité: 6 kg

Remplissage: Par électrovanne 1 voies, 2 niveaux

Chauffage: électrique (ou tous gaz), contrôlé par thermostat réglable de froid à 100°

Lavage: tambour sur axe horizontal

Vidange: Par pompe indépendante 

Essorage: Centrifuge (300 tr/min environ)

Commandes: un bouton programmateur réglant la succession des opérations et la durée du lavage; Un thermostat réglable et un contateur à touches permettant l´arrêt rinçage, le cycle fragile, les essorages (5 touches: ARRET - MARCHE - FRAGILE - ARRET RINCAGE - ESSORAGE

Signalisation: deux témoins de remplissage et de chauffage.

Boîte à produit: 1

Prix: 1 900 Francs (version gaz), soit 946 heures d´un ouvrier payé au smig à cette époque, soit un pouvoir d´achat de 2 329 euros d´aujourd´hui.

A titre de comparaison, une machine à laver aujourd´hui vaut en moyenne 600 euros, soit 68 heures d´un ouvrier payé au smic d´aujourd´hui.

Observations:

Brandt, à cette époque, présentait 4 principaux modèles, 2 de 4 kg semi-automatique (stato 46) et automatique (statomatic 47), et 2 de 6k, dont une automatique, la statomatic 57, déjà très au point pour l´époque: un seul bac à produit, mais une option arrêt rinçage au début du deuxième rinçage, la possibiliét d´un prélavage enchaîné, 2 cadences de brassages, 2 niveaux d´eau et la possibilité de supprimer l´essorage avec les premiers programmateurs à avance rapide pour sauter cette opération. En fait, cette machine était issue de la gamme VEDETTE (la Compact 655, à voir le 1er lundi demars 2012) avec pour seules différences la présentation et l´ouverture du tambour.

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Issue d´un numéro de la Revue ARTS MENAGERS de 1967 pour la lessive Persil. Très caricaturée en dessin mais bien réelle sur la photo!
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VENDOME - LAVANTE SECHANTE - PROTOTYPE - 1974 et 1975

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Comme il s´agit d´un prototype, le plan habituellement retenu dans cette rubrique n´est pas adapté.

Voici donc d´abord une description personnelle, après quoi je reprendrai les caractéristiques tel que collationnées par l´inventeur.

Présentation générale

M.Robert PERRIER a été notamment,responsable technique de la production et chercheur au laboratoire de la marque, de 1957 à.

Il a inventé la machine à laver séchante moderne, avant que THOMSON ne sorte sa THOMSON SOLEIL en 1976. La machine n´a pas été brevetée, mais on peut la dater de 1974 et de 1975 au vu des documents que j´ai pu consulter, notamment la correspondance avec CROUZET pour la conception du programmateur, les feuilles de test, l´élaboration des tests

L’objectif était d´intégrer dans une machine classique de 4 kg (car les 6 kg sont trop larges pour correspondre à un public urbain) une fonction de séchage automatique de toute la charge sans en enlever la moitié pour sécher en deux temps.

En 1976, la lavante séchante qui existent consiste seulement ‡ chauffer les parois du tambour d’où n résultat non homogène, qui peut brûler le linge et qui nécessite de sécher en deux fois

deux ans auparavant, l´idée de M.PERRIER est d’intégrer un ventilateur pour assurer une circulation d’air chaud, mais il y avait plusieurs difficultés à résoudre:

- la place: d’ou la recherche d’un ventilateur spécial dans lequel ce n’est pas le rotor mais le stator qui tourne, un peu comme les ventilateurs plats des ordinateurs d’aujourd’hui;

- l’un des paliers qui devait supporter l’arrivée de l’air chaud.

A noter un sécurité spéciale à palette actionnée par le ventilateur:  le moteur en tournant aspire la palette et déclenche le séchage de sorte qu’il ne peut pas y avoir chauffage sans ventilation.

La machine comprend donc une chambre spéciale en aluminium qui contient les résistances, qui supporte l’un des paliers de la machine  et qui sert de conduit de l’air chaud jusqu’au flasque perforé du tambour.

La machine a été construite en 5 prototypes, à partir d’un modèle existant la Super Luxe 500, qui ont servi aux essais, lesquels ont permis de prouver la possibilité d’enchaîner le lavage et le séchage d’une charge de 4 kilos de linge sec, le séchage du coton étant acquis en 3 heures (il n’était pas possible à l’époque de mesurer le degré d’humidité de l’eau dans le linge, on pesait donc le linge sec, puis après l’essorage final, puis après 3 heures de séchage).

Malheureusement, cette machine n´a trouvé aucune marque connue de l´époque ou de distribution, prête à investir suffisamment pour produire cette machine en série et la commercialiser.

Extrait des caractéristiques du prototype selon l´inventeur

- hauteur: 0, 84 m

- Largeur: 0, 46 m

- Profondeur: 0, 64 m

- Charge de linge sec: 4 kg

- Puissance des résistances d elavage: 2 400 W

-  Puissance des résistances de séchage: 2 400 W

Puissance du ventilateur: 77 W

....

- Vitesse de rotation du panier en lavage: 47 t/min

- Vitesse du panier à l´essorage: 485 t/min

- Temps d´essorage maximum: 6 mn

- Temps de séchage maximum: 3 h pour 4 kg de linge

....

- Composantes spécifiques pour le séchage:

....

    Une gaine de raccordement souple,

    Une chambre de chauffage contenant les résistances, servant de conduit d´air chaud et supportant le pallier gauche avec un flasque de panier perforé et un flasque de cuve percé au centre pour supporter la chambre de chauffage. 

    Un minuteur de sécurté à palettes sur le ventilateur électrique. 

 

PHILIPS INCLIMATIC - 1968

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Année: 1968 

Catégorie: Machine entièrement automatique

Dimensions (HxLxP): 90cmx61cmx47cm

Stabilisation: Sans scellement, cuve suspendue, amortisseurs à friction

Capacité: 5 kg

Remplissage: Par électrovanne 2 voies, 2 niveaux

Chauffage: électrique, contrôlé par thermostat réglable de froid à 95°

Lavage: tambour sur axe horizontal

Vidange: Par pompe indépendante 

Essorage: Centrifuge (500 tr/min environ)

Commandes: un bouton programmateur réglant la succession des opérations avec 9 positions de départ et 1 plage de programmation (mais le 2ème rinçage se fait en eau tiède et servait de départ pour le lavage de la laine); Un thermostat réglable et un interrupteur permettant de sélectionner l´option sans essorage 

Signalisation: deux témoins de mise sous tension et de sélection de l´option sans essorage.

Boîte à produit: 2 (prélavage, lavage)

Prix: 1 390 Francs, soit 451 heures d´un ouvrier payé au smig à cette époque, soit un pouvoir d´achat de 1 230 euros d´aujourd´hui.

A titre de comparaison, une machine à laver aujourd´hui vaut en moyenne 600 euros, soit 68 heures d´un ouvrier payé au smic d´aujourd´hui.

Observations:

La gamme Inclimatic a été la 1ère gamme "moderne" de la marque PHILIPS, et probablement la première de conception PHILIPS. Elle constituait à l´époque une innovation et une spécificité car aucune autre marque n´équipait ses machines d´un tel tambour incliné, censé accroître "de 20%" l´efficacité de lavage en donnant au linge un meilleur déploiement et en évitant qu´il ne colle aux parois du tambour. En 1972, PHILIPS sort une nouvelle gamme, dont certains modèles étaient dotés de l´essorage variable, avec des angles moins marqués, mais dotées toujours d´un tambour incliné. A noter que les autres du groupe, RADIOLA et LADEN, ont sorti très exactement les mêmes machines. Beaucoup de marques ont repris à un moment ou à un autre ce qui sera donc une fausse nouvelle idée: HOOVER avec son modèle VISION, SAMSUNG et encore récemment une machine asiatique commercialisée par ELECTRO DEPOT. MIELE a d´ailleurs utilisé cette même idée sur ses modèles "top"...

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Issue d´un numéro de la Revue ARTS MENAGERS de 1968

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LINCOLN - LR 500

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 Année: 1979

Catégorie: Machine entièrement automatique

Dimensions (HxLxP): 100cm (avec dosseret de 15 cm)x50cmx60cm

Stabilisation: Sans scellement, cuve suspendue, amortisseurs hydrauliques

Capacité: 5 kg

Remplissage: Par électrovanne 4 voies, 3 niveaux (1/2 charge, bas, haut)

Chauffage: électrique, contrôlé par thermostat réglable de froid à 90°

Lavage: tambour sur axe horizontal

Vidange: Par pompe indépendante 

Essorage: Centrifuge (500 tr/min environ)

Commandes: un bouton programmateur réglant la succession des opérations avec 7 positions de départ et deux plages de programmes, normal et délicat; Un thermostat réglable jouant également le rôle d´interrupteur de mise sous et hors tension -  sélecteur à six touches: lavage normal (niveau bas au lavage, cadence normal, essorage long), lavage délicat (niveau haut, cadence lente, essorage court), trempage, arrêt cuve pleine, sans essorage, 1/2 charge. 

Signalisation: un témoin de mise sous tension.

Boîte à produit: 4 (prélavage, lavage, javel adoucissant)

Prix: 3 400 Francs, soit 466 heures d´un ouvrier payé au smig à cette époque, soit un pouvoir d´achat de 1 498 euros d´aujourd´hui.

A titre de comparaison, une machine à laver aujourd´hui vaut en moyenne 600 euros, soit 68 heures d´un ouvrier payé au smic d´aujourd´hui.

Observations:

La marque LINCOLN a été fondée en 1948 ou 1949 et s´est tout de suite spécialisée dans des machines à tambour horizontal, imposantes, au design très américanisé pour une marque pourtant 100% française. On se reportera notamment aux images de la semaine pour le premier modèle. Ces machines étaient réputées très solide, et elles étaient chères, légèrement moins coûteuses que leurs homologues allemandes de chez MIELE. Elles ont évolué en capacité, en conception et en programmation mais sont restées fidèles à leur image de robustesse et de "lessive bien faite" avec possibilité de trempage, lavage de la couleur à 65° jusqu´au début des années 1970, temps de lavage assez longs. En 1979, LINCOLN renouvelle complètement sa gamme avec des looks plus "modernes" mais encore très emprunts de classicisme, sans aucun module électronique mais avec une programmation améliorée. La LR 500 témoigne de ce changement dans la continuité: option trempage toujours présente, cuve, tambour et boîtes à produits inchangées, mais apparition du programme économique, du programme demi-charge et du cycle "agréé Wool Mark", etc. Cette machine est d´autant plus emblématique de la marque qu´elle fait partie de la dernière gamme "pure LINCOLN", avant son rachat au début des années 1980 par ARTHUR MARTIN ELECTROLUX. Le groupe habillera encore ses modèle du logo LINCOLN avec un large bouton de programmateur et une poignée de couvercle comme sur les anciennes LINCOLN, pour faire pâle illusion...

Publicité (extrait du prospectus LINCOLN de 1979):

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CONORD - CONORMATIC

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Année: 1962

Catégorie: Machine principalement automatique (le prélavage doit être fait à part)

Dimensions (HxLxP): 90cmx61cmx65cm

Stabilisation: Sans scellement, chassis fixe, moteur fixé à la cuve

Capacité: 5 kg

Remplissage: Par électrovanne 1 voie, 1 niveau (rinçage par débordement)

Chauffage: gaz, contrôlé par 3 thermostats

Lavage: Agitateur sur axe vertical, doté d´un mouvement d´un va et vient

Vidange: Par pompe indépendante 

Essorage: Centrifuge dans le tambour dans lequel se trouve l´agitateur (500 tr/min environ) 

Commandes: un Bouton programmateur réglant la succession des opérations; Un sélecteur à trois touches de température (tiède, chaud, bouillant); un Sélecteur à trois touches de la durée de lavage (16, 24, 32 minutes); une touche d´Option "rinçage prolongé 16 minutes); deux touches Marche et Arrêt. 

Signalisation: le tableau de commandes avec les sélecteurs à touches est allumé pendant tout le cycle.

Boîte à produit: 0, mais accès un conduit pour l´eau de javel

Prix: 1 900 Francs, soit 1127  heures d´un ouvrier payé au smig à cette époque, soit un pouvoir d´achat de 2 712 euros d´aujourd´hui.

A titre de comparaison, une machine à laver aujourd´hui vaut en moyenne 600 euros, soit 68 heures d´un ouvrier payé au smic d´aujourd´hui.

Observations:

La marque CONORD a fait le choix des machines à agitateur, de conception totalement américaine:une cuve dans laquelle se trouve un tambour sur axe vertical pour l´essorage et le rinçage par débordement avec au milieu un agitateur animé de mouvement de va et vient pendant le lavage et le rinçage. cette CONORMATIC présente au moins deux intérêts historiques. D´une part, elle représente l´une des rares machines à laver de cette conception automatique (avec la marque FRIGIDAIRE) abandonnée en France dès les années 1965 car très energivore pour cu-hauffer l´eau (le tambour de lavage fait 65 litres!). D´autre part, elle présentait une originalité par rapport aux machines américaines: le chauffage! les machines outre-atlantique utilisaient en effet l´eau chaude du réseau de distribution. mais les Françaises lavaient leur blanc en eau bouillante et ne disposaient pas toujours d´eau courante et fortiori d´eau chaude, en tous les cas en quantité suffisante.

Publicité (d´une lessive, extraite d´une revue de 1964, mais on y distingue très nettement cette machine):

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BRANDT -  STATOMATIC 47

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Année: 1963 

Catégorie: Machine principalement automatique (le prélavage doit être fait à part, pas de bacs à produits)  

Dimensions (HxLxP): 82cmx43cmx60cm

Stabilisation: Sans scellement, chassis fixe, sens préférentiel à l´essorage, socle lesté et roulette arrière excentrée

Capacité: 4 kg

Remplissage: Par électrovanne 1 voie, 2 niveaux: bas pour le prélavage ou le lavage, haut pour le rionçage

Chauffage: gaz ou électrique, contrôlé par thermostat

Lavage: Tambour sur axes horizontaux à rotation alternée

Vidange: Par pompe indépendante 

Essorage: Centrifuge dans le tambour de lavage (300 tr/min environ) 

Commandes: Un Sélecteur thermostatique, un Bouton programmateur permettant de choisir un prélavage ou une durée de lavage

Un interrupteur prélavage, un interrupteur marche-arrêt et un va-et-vient à l´arrière pour commander ou supprimer l´essorage. 

Signalisation: Un voyant de chauffage

Boîte à produit: 0

Prix: 1 599 Francs, soit 828 heures d´un ouvrier payé au smig à cette époque, soit un pouvoir d´achat de 2010 euros d´aujourd´hui.

A titre de comparaison, une machine à laver aujourd´hui vaut en moyenne 600 euros, soit 68 heures d´un ouvrier payé au smic d´aujourd´hui.

Observations:

Edgar BRANDT crée la marque de son nom en 1902, initialement un atelier de ferronnerie d´art et une serrurerie. Il y ajoute une activité d´armement à partir de 1926 et se retire en 1946. C´est alors sous l´impulsion de Paul Richard, Jean de Lachomette et Maurice Otto que la marque se tourne vers l´électroménager, et les machines à laver, d´abord à pulsateur.En 1961, elle sort une première machine à laver à tambour horizontal, sous l´influence de VEDETTE, dont elle vient de se rapprocher, la Stato 45 (Stato, pour stabilité), puis la stato 46, deux machines semi-automatiques (la stato 46 est visible dans ma galerie). En 1963, elle sort selon sa propre conception une première machine à laver automatique à hublot (chargement frontal). La même année, elle sort la statomatic 47 (abréviations pour stabilité et automatique), qui marque un tournant et assuera pour longtemps le succès et la notoriété de la marque,  grâce à sa forme compacte (étroite), sa simplicité de fonctionnement et son chargement par le haut. Elle était très inspirée de la VEDETTE COMPACT mais avec une cuve en émail et l´interrupteur d´essorage située à l´arrière de la machine alors qu´il était en façade chez VEDETTE (voir un exemplaire dans ma galerie). Elle hérite du système de "stabilité" de la stato 46 dont elle est la transposition en version semi-automatique. Une autre version suivra dans une programmation plus évoluée (avec une touche "fragile" et une cadence de brassage lente), puis sous une programmation plus souple encore avec la version Statomatic 47 super (également dans ma galerie).

Publicité (extraite d´une revue ARTS MENAGERS de 1963):

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VEDETTE - R 53 

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Année: 1953

Catégorie: Machine semi-automatique contrôlée (remplissage et chauffage sont automatiques) 

Dimensions (HxLxP): 80cmx68cmx59cm

Stabilisation: Sans scellement, chassis fixe, lourd lest en fonte à la base 

Capacité: 6 kg

Remplissage: Par électrovanne 1 voie, 1 niveau avec coupe automatique par flotteur

Chauffage: Electrique et automatique, contrôlé par thermostat

Lavage: Tambour sur axe horizontal à rotation alternée

Vidange: Par gravité mais avec clapet commandé électriquement 

Essorage: Centrifuge dans le tambour de lavage (300 tr/min environ) 

Commandes: Un Sélecteur thermostatique et Un sélecteur moteur: LAVAGE RINCAGE - VIDANGE - essorage

Signalisation: Un voyant de fonctionnement et un thermomètre

Boîte à produit: 1 (accès direct à la cuve)

Prix: 196 000 Anciens Francs, soit 1950 heures d´un ouvrier payé au smig à cette époque, soit un pouvoir d´achat de 3 960 euros d´aujourd´hui.

A titre de comparaison, une machine à laver aujourd´hui vaut en moyenne 600 euros, soit 68 heures d´un ouvrier payé au smic d´aujourd´hui.

Observations:

La marque VEDETTE est née en 1949 et ne construit au début que des machines pour laveries et blanchisseries.Elle opte dès le départ pour des machines à tambour sur axe horizontal. En 1952, elle sort un premier modèle destiné aux ménages, doté déjà d´un thermostat et d´un "cadran de commande et de coupure automatiques qui permet de régler à volonté le temps de lavage et la température de l´eau". Le modèle de 1953 est encore plus innovant, par rapport aux autres concurrentes du même type: le remplissage est automatique: "pas de jauge à surveiller ni de robinet à fermer à chaque opération (lavage, rinçages), l´arrêt est automatique dès que le volume d´eau es atteint". c´est en fait, un flotteur, qui actionne l´interrupteur de l´électrovanne.Cette machine était d´un prix élevé tel qu´indiqué plus haut. Cependant, parmi les machines semi-automatiques à tambour, son prix se situe dans la moyenne (La Lincoln  Luxe  à chauffage électrique vaut 200 000 anciens Francs, la BENDIX  182 000 Anciens Francs). A l´époque si LADEN et LINCOLN développent également des machines avec ce procédé de lavage, les VEDETTE sont très en avance sur leur temps par rapport aux futures grandes marques: BRANDT et THOMSON par exemple sont encore respectivement dotées d´un pulsateur et d´un agitateur!

Publicité (extraite d´une revue ARTS MENAGERS de juillet 1953):  

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